SURPRISE BOTANIQUE n° 7 -  PLANTER UN PIERIS

Ce petit piéris a trouvé une place dans mon jardin

Ce petit piéris a trouvé une place dans mon jardin

Il y a bien une dizaine de jours, pendant que mes petits-fils de 13 et 16 ans passaient leurs vacances de printemps chez moi, nous avons planté un joli petit arbuste, un piéris. Il est vrai que je commence à avoir du mal à faire de grands trous dans la lourde terre de mon jardin tandis que les garçons y vont,  pleins d’allégresse avec la force de leurs jeunes bras. A part l’effort physique, ils prennent aussi leurs premiers cours  de jardinage. Le piéris a besoin d’un terreau acide, riche et toujours un peu humide, il doit être planté à un endroit clair, mais sans ensoleillement direct. Nous lui avons trouvé un emplacement sous un grand rosier liane, entre un genêt et un sceau de Salomon. Les garçons ont bien mélangé l’apport de la terre de bruyère avec la terre du jardin, ils ont créé une rigole pour l’arrosage autour du petit arbuste et ils ont terminé leur travail en lui appliquant une bonne couche de copeaux de pin qui gardera l’humidité et assurera acidité du sol.

L’Arboretum de Winkworth en Angleterre

L’Arboretum de Winkworth en Angleterre

Je rêve depuis longtemps de cet arbuste dans mon jardin, précisément depuis que j’ai visité avec mes amis anglais le Winkworth Arboretum dans le Surrey, au sud ouest de Londres. Cet arboretum est une pure merveille, non seulement pour le nombre incroyable d’arbres du monde entier, mais surtout parce qu’il est planté d’un étage inférieur d’arbustes qui profitent justement ainsi d’une protection contre le soleil trop vif et en même temps du compost naturel que les feuilles des arbres leur apportent. Au mois de mai, beaucoup de camélias y sont encore en fleur, mais surtout les azalées, rhododendrons et piéris hauts de plusieurs mètres. Toute l’année il y aura ainsi des arbustes fleuris sous les arbres. Le parc fait cependant sa publicité  en louant les couleurs vives des arbres en automne. L’arboretum qui appartient aujourd’hui au National Trust a été planté par le Dr Wilfrid Fox, un dermatologue passionné par l’environnement, il y a 80 ans. Il vivait dans la ferme Winkworth et suivait tous les jours la progression de son œuvre. Le piéris sur ma photo prise au parc de Winkworth profite d’une atmosphère mi-ombre qui abrite ses nouvelles feuilles roses très brillantes et ses petites fleurs clochettes blanches.

Un piéris de 10 m à l’Arboretum de Winkworth

Un piéris de 10 m à l’Arboretum de Winkworth

J’ai donc acheté un petit piéris dans une jardinerie au mois d’avril, un mois où ces arbustes sont si magnifiquement présentés qu’on craque devant tant de couleurs douces. Mais probablement ce n’est pas le meilleur moment pour le planter.  Il aurait pu s’enraciner bien mieux si je l’avais planté en automne. En été il court le risque des grandes chaleurs, il faut vraiment être attentif pour l’arroser régulièrement, même à l’ombre et même sous une couche de copeaux de pin. Les jardineries devraient commencer à changer leur stratégie de vente vu le changement rapide du climat.

Les fleurs clochettes et les feuilles vert foncé

Les fleurs clochettes et les feuilles vert foncé

Le piéris est appelé parfois aussi andromède ; en tout cas c’est M. Linné lui-même qui l’avait nommé ainsi. Mais les genres et familles des plantes ont subi quelques changements par la classification phylogénétique. Donc, il faut éviter l’ancien nom andromède,  on pourrait le confondre avec le genre andromeda auquel il n’appartient plus. Il appartient au genre pieris qui comporte 7 espèces originaires du Japon, de l’est de la Chine, de Taiwan et de l’est des Etats Unis. Ils font partie de la famille des Ericaceae. Les cultivars que nous achetons en jardinerie sont pour la plupart originaires du piéris du Japon, plus rarement de celui de Taiwan. Ses feuilles sont persistantes, lancéolées, coriaces, brillantes et d’un vert foncé. Au printemps sortent d’abord les fleurs, de petites clochettes blanches regroupées en panicules. En fait, chaque clochette est en elle-même la corolle, une urne de cinq pétales soudés. En retournant la panicule, on peut apercevoir le calice des sépales aussi blancs que les clochettes et triangulaires. Ces clochettes  sont typiques pour la plupart des Ericaceae et donnent de la nourriture aux abeilles et autres petits insectes. Le fruit est une petite capsule contenant beaucoup de graines.

La couleur rose de l’arbuste à l’Arboretum

La couleur rose de l’arbuste à l’Arboretum

Quelque temps après les fleurs apparaissent les nouvelles  feuilles roses ou cuivrées, si extraordinaires et caractéristiques pour cette plante.  Elles font penser à une deuxième floraison, car cette couleur domine l’arbuste pendant quelques semaines, puis devient d’abord beige, puis vert clair pour terminer en automne vert foncé. Pour stimuler la poussée de beaucoup de nouvelles feuilles roses au printemps suivant, on peut couper d’un tiers les branches ayant portés des fleurs. Toutes les parties de l’arbuste sont toxiques et pourraient être dangereuses pour les mammifères herbivores.

Après le rose, le beige, puis le vert clair

Après le rose, le beige, puis le vert clair

Si vous voulez admirer un très beau spécimen de piéris, je vous conseille de vous rendre près de notre Palais des Congrès (hélas abandonné pour restauration). L’arbuste se tient en face de l’ancienne  porte d’entrée, protégé du vent par le mur du bâtiment attenant. La plante pourpre à ses côtés fait ressortir très délicatement ses couleurs pastel.

Le piéris du Palais des Congrès du Mans

Le piéris du Palais des Congrès du Mans

DEVINETTE 7

D’ailleurs, comment s’appelle cette plante poupre ? Ses fleurs sont roses et elle est une variété horticole d’une plante indigène.

SOLUTION DE LA DEVINETTE 6

Il s’agissait du loropetalum, une Hamamelidaceae.

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Surprise botanique n° 6  L’hamamelis