SURPRISE BOTANIQUE N° 5 : L’ORANGER DES OSAGES

Ma surprise d’aujourd’hui vous viendra de la Haute-Saintonge, région au sud de la Charente- Maritime, près de l’estuaire de la Gironde. La Haute-Saintonge m’a frappée par la luminosité de son calcaire. Celui-ci est partout, de petites pierres blanches couvrent le sol des vastes vignobles, les églises et maisons en sont construites, les thermes de Jonzac sont logés dans des cavernes troglodytiques qui sont d’anciennes carrières de craie. Et c’est précisément lors d’une balade à Jonzac que je découvre le long d’une petite rivière un arboretum comme on en a planté beaucoup pour l’An 2000.  L’endroit ne m’enchante pas, il est mal entretenu, envahi de hautes herbes sèches et hirsutes ; la rivière et les étangs étant couverts de feuilles pourrissantes depuis la canicule. Mais dans cet univers quelque peu désordonné, j’ai ma surprise ! Subitement j’ai devant moi un grand arbre d’un vert très doux et d’une allure tourbillonnante, entouré au sol  d’une multitude de gros fruits vert clair qui font penser à des pommes.

L’arbre tourbillonnant, l’oranger des Osages

Un arboretum a cet avantage de nous donner les noms des arbres. Il s’agit d’un maclura pomifera ou oranger des Osages. Le smartphone me livre sur place les explications sur ce faux oranger. Les fruits verts de la taille d’une orange deviennent réellement jaunes dans leur pays d’origine, l’état d’Oklahoma, le long de la rivière Osage, affluent du Mississippi. La rivière et le comté Osage ont donné son nom à une tribu amérindienne. La tribu des Osages a su tirer grand profit de cet arbre. Le bois des jeunes branches souples et très solides leur servait pour construire leurs arcs d’où le deuxième nom de l’arbre : Bois d’Arc. De la peau du fruit et de sa racine ils tiraient leur peinture de guerre. Il existe de beaux tableaux de ces guerriers dans des musées américains. 

De jeunes branches épineuses déjà courbées en arc sortent directement du tronc très crevassé

Je ramasse quelques fruits et une petite branche pour mon herbier. Plusieurs personnes qui me croisent avec ces fruits exotiques dans les mains suivent mon exemple. Je suppose qu’on ne fait aucun mal, à moins qu’on ne prive de petits insectes de leur nourriture. Beaucoup de fruits sont déjà à moitié consommés. Ces fausses oranges ont un délicat parfum qui pourrait  embaumer ma maison.

Les fruits au pied de leur arbre

Maclura pomifera est arrivé au début du 19° siècle en Europe où on espérait nourrir les vers à soie avec ses feuilles. En effet, il appartient à la même famille que les mûriers, celle des Moracées. Cependant, il fallait se rendre vite à l’évidence que les vers à soie préféraient les mûriers. Il reste aujourd’hui des colonies d’orangers des Osages dans le Sud de la France, ils se sont même naturalisés parfois. On peut rencontrer l’arbre dans des Jardins des Plantes des grandes villes, dans des arboretums et parfois on en a planté des haies défensives étant donné les épines efficaces des jeunes branches. En pensant au beau spécimen dans l’arboretum de Jonzac, je suppose que le sol calcaire de la Haute-Saintonge doit beaucoup lui plaire.             

Planche d’herbier d’un rameau avec épines

Les feuilles sont caduques, velues au revers et très lumineuses. Elles contiennent du latex. L’espèce  maclura pomifera est dioïque, il doit y avoir un arbre mâle dans les environs, à moins qu’on ait greffé une branche mâle sur un pied femelle, ce qui est difficile à prouver en automne quand les fruits sont tombés. Les fleurs au mois de mai ou juin sont dans les deux cas de couleur verdâtre et assez insignifiantes : les  fleurs mâles sont de petites grappes diffusant du pollen, les femelles des capitules denses portant des styles filiformes.

Le parfum des fruits se détériore de jour en jour

 Les fruits qui m’ont tant surpris ne sont pas comestibles. Ces petites verrues dont la sphère est composée sont en fait une juxtaposition de petits fruits. J’ai gardé ces fausses oranges de Jonzac pendant plus d’un mois sur un plateau près de mon bureau. Ce que je percevais comme un parfum délicat au début, s’est transformé peu à peu en une odeur âcre, piquant les yeux. Je serai donc obligée de les rendre à la terre. Qui sait, avec un peu de chance je sèmerai un petit oranger des Osages dans un coin bien abrité de mon jardin.

SOLUTION DE LA DEVINETTE 4

La liane qui aime tant la chaleur était la bignone (campsis grandiflora) 

DEVINETTE N° 5  

Quel est le nom de cet arbuste très à la mode dans les années 1970 et que j’ai rencontré sur un chemin de santé à Jonzac ? Les oiseaux se gavent de ses fruits rouges.       

  









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