Rue officinale

Nom binominal : Ruta graveolens

Classification phylogénétique
Ordre : Sapindales
Famille : Rutacées

La Rue des jardins ou Rue fétide (graveolens, littéralement « à odeur forte », du latin gravis, « lourd », et olor, « odeur ») est une espèce de sous-arbrisseau de 70 cm à 100 cm de haut environ, très ramifié et ligneux à la base.

Noms communs : herbe de grâce, péganion, rue domestique, rue officinale, rue des jardins, rue des jardiniers, herbe de la rue, rue fétide, rue odorante.

Ses feuilles d'un vert glauque, semi-persistantes, sont alternes, pennatiséquées (souvent trilobées) et de consistance un peu charnue. Ses fleurs sont petites, de couleur jaune verdâtre, et regroupées en corymbe.

La plante dégage une odeur forte et pénétrante avec un fond rappelant le coco, souvent perçu comme désagréable. Elle a un goût amer.

La fécondation du gros pistil trapu par les étamines qui l'entourent, présente une double curiosité. Les étamines se relèvent les unes après les autres dans un ordre bien caractérisé : une étamine sur deux se redresse successivement (pas en même temps) pour toucher le stigmate du pistil, chaque étamine (hormis la première) heurtant celle qui l'a précédée et la remettant en place ; appelons celles-ci les étamines "impaires" (1,3,5,7, etc.). Lorsque les étamines "impaires ont ainsi effectué le tour du pistil, les étamines "paires" commencent le même tour.

La rue était utilisée autrefois pour les propriétés emménagogues et abortives. Ce n’était toutefois pas sans danger : utilisée sans mesure, la rue provoque de violentes contractions abdominales. D’où, l'expulsion du fœtus pour la femme enceinte, mais également des hémorragies qui entraînaient souvent la mort.

La plante est également rubéfiante (elle contient du bergaptène).

La rue figurait dans la liste des plantes potagères recommandées dans le capitulaire De Villis (liste des plantes cultivées dans les jardins de monastères sous Charlemagne).

Les feuilles fraîches peuvent être utilisées (modérément) pour assaisonner les sauces et les plats de viande.

On extrait de la rue officinale une huile essentielle utilisée autrefois en parfumerie.

À petite dose, la rue a la réputation d'avoir des vertus toniques et stimulantes qui facilitent la digestion. Elle contient une substance qui lui doit son nom, la rutine (ou rutoside), proche de la vitamine C2 (autrefois nommée "vitamine P"), aux propriétés anti-oxydantes.

Avec la sauge, la menthe, le romarin, l'absinthe et la lavande, le camphre, la cannelle et le clou de girofle, elle entrait au Moyen Âge dans la composition du vinaigre des quatre voleurs censé protéger de la peste.

C'est un répulsif pour les insectes, notamment les puces et les pucerons.