Saule

Nom binominal : Salix alba

Classification phylogénétique
Ordre : Malpighiales
Famille : Salicacées

Le Saule blanc, Saule commun, Saule argenté, Osier blanc, ou Saule Vivier est un arbre commun dans les régions tempérées. Il est souvent cultivé en forme de « têtard » pour la production d'osier.

Les feuilles, alternes, caduques, de 5 à 12 cm de long, sont entières, lancéolées, étroites, très finement dentées, effilées. La teinte argentée présente sur les deux faces de la feuille est due à de fines soies courtes, surtout présentes sur la face inférieure.

Les sexes sont séparés (c’est une plante dioïque). Les chatons sont soit mâles, soit femelles. Les fleurs mâles comprennent deux étamines, les fleurs femelles ont un seul ovaire uniloculaire à deux carpelles. Les fruits sont des capsules allongées, glabres, uniloculaires, s'ouvrant grâce à deux valves. Elles contiennent de nombreuses graines portant des poils soyeux.

L’écorce de saule est l’ancêtre de l’aspirine.

L'écorce de saule est connue depuis l'Antiquité pour ses vertus curatives. Hippocrate conseillait déjà une préparation à partir de l'écorce du saule blanc pour soulager les douleurs et les fièvres.

En 1763, le pasteur Edward Stone présente un mémoire devant la Royal Medicine Society sur l'utilisation thérapeutique de décoctions de l'écorce du saule blanc contre la fièvre.

En 1829, Pierre-Joseph Leroux, un pharmacien français, tente, après avoir fait bouillir de la poudre d'écorce de saule blanc dans de l'eau, de concentrer sa préparation ; il en résulte des cristaux solubles qu'il dénomme salicyline (du latin salix).

Plus tard, un chimiste alsacien nommé Charles Frédéric Gerhardt a réussi, à partir de la salicyline, à synthétiser l'acide acétylsalicylique qui deviendra la substance active d'un médicament : l'aspirine.

L'aspirine possède les propriétés pharmacologiques suivantes :

  • Antalgique (diminution de la douleur) ;
  • Antipyrétique (diminution de la fièvre) ;
  • Anti-inflammatoire non stéroïdien ;
  • Antiagrégant plaquettaire (empêche la coagulation du sang).

L'homme de Néandertal connaissait les vertus de la salicine

Une étude publiée par la revue Nature en mars 2017 a montré que l’homme de Néandertal pratiquait l’automédication avec la salicine.

L’étude porte sur l’ADN piégé dans la plaque dentaire (le tartre) de la mâchoire fossile d'un jeune adulte néandertalien trouvé dans la grotte d'El Sidron (nord-ouest de l'Espagne). Il souffrait d'un abcès dentaire encore visible sur sa mâchoire. L'analyse de son tartre montre qu'il était aussi affecté par un parasite intestinal qui provoque des diarrhées sévères.

Mais le résultat le plus intéressant est que le tarte contenait de l’ADN de peuplier. Ce qui signifie que pour combattre la douleur, l’homme de Néandertal mâchait de l’écorce ou de jeunes pousses de peuplier. C’est la salicine qu’elles contenaient qui l’aidait à surmonter son mal. Il en avait expérimenté les propriétés anti-douleur et anti-inflammatoires !

Le peuplier et le saule sont proches génétiquement : ils appartiennent à la même famille des salicacées. Les écorces de l'un comme de l'autre contiennent de la salicine.