Pivoine

Nom binominal : Paeonia lactiflora

Classification phylogénétique
Ordre : Saxifragales
Famille : Paeoniacées

Les pivoines, du genre paeonia, sont des plantes à racines tubéreuses, originaires de diverses régions de l’Europe à l’Extrême-Orient.

On notera que le mot « pivoine » vient du grec παιωνἰα (païônía), variante féminine de l'adjectif παιώνιος qui signifie « propre à guérir, salutaire ». La pivoine est donc la plante médicinale par excellence !

Péon (Παιὠν - Paiôn) était un des plus anciens dieux guérisseurs des Grecs, puisqu'il est mentionné dans les tablettes en linéaire B de Knossos en Crète. Il soigna et guérit Hadès et Arès de leurs blessures de guerre.

Les pivoines sont connues par une quarantaine d'espèces de plantes vivaces. Elles sont herbacées ou arbustives. Les feuilles sont vert tendre ou foncé, quelquefois argentées. Les fleurs peuvent être parfumées, dressées et solitaires, ou en forme de coupe ou de boule. Les pivoines herbacées disparaissent chaque hiver pour réapparaître au printemps. Elles sont de culture facile, très rustiques.

L’espèce la plus courante est Paeonia lactiflora, parfois appelée pivoine de Chine. Elle se décline en un grand nombre de variétés. Les fleurs sont de forme simple, semi-double ou double.

En Europe, il existe plusieurs espèces sauvages, les plus connues étant la pivoine officinale Paeonia officinalis et la pivoine mâle Paeonia mascula. Les pivoines arbustives forment de petits arbustes ne dépassant pas 3,5 m de hauteur.

Parmi les pivoines arbustives, les espèces (ex) Paeonia lutea, à fleurs jaunes, et Paeonia suffruticosa, à grosses fleurs allant du rose au rouge, sont à l'origine des pivoines lemoinei, hybrides aux fleurs de nombreuses formes, et de couleurs très variées.

Antiquité grecque

La pivoine herbacée est connue des Grecs depuis les temps les plus anciens comme plante médicinale. Hippocrate (460-370 av. J.-C.) la prescrivait comme remède pour bon nombre de maux de femmes. Au Ier siècle, Dioscoride, distinguait la pivoine mâle de la pivoine femelle.

La pivoine était aussi une plante magique, dont la cueillette était entourée de pratiques rituelles, déconcertantes pour l'homme moderne. Ainsi Théophraste écrivit : « Cette plante, que l'on appelle aussi γλυκυσίδη / glukusidê, doit être arrachée la nuit ; si on l'arrache de jour, et que l'on est vu par un pivert en train de cueillir le fruit, on risque de perdre les yeux, et si on coupe la racine, on risque la procidence de l'anus » (Histoire des plantes, IX, 8, 6.). La prescription de « l'arracher la nuit, parce que, si le pivert s'en aperçoit, il attaque les yeux pour la défendre » comme l'écrivit également Pline l'Ancien (Histoire Naturelle, livre XXV, 29), témoigne simplement de l'alliance entre deux êtres animés, la pivoine et le pivert.

Les astrologues grecs affirmaient qu'il existait une parfaite unité du cosmos, se traduisant par une interdépendance entre les éléments qui le composent. Ils décrivaient ainsi des "chaînes" verticales, reliant entre eux divinités, astres, pierres, animaux, plantes, parties du corps. La plupart des textes astrologiques de l'Antiquité reliaient la pivoine à la Lune : la pivoine croissait et diminuait selon les phases lunaires. Elle avait la vertu de soigner les fièvres cycliques, les éruptions cutanées, et de hâter la cicatrisation des plaies.

Antiquité chinoise

Dans l’Antiquité chinoise, la pivoine était également très appréciée, à la fois comme plante médicinale et ornementale. L’herbacée était préférée à l’arbustive pour un usage médicinal. Sa racine, pelée puis découpée en tranches, est connue en tant que substance médicale sous le nom de Radix Paeonia Alba.

Ses fonctions traditionnelles sont :

  • enrichir le sang, consolider le yin
  • réguler le foie et calmer la douleur.