Pastel des teinturiers

Nom binominal : Isatis tinctoria

Classification phylogénétique
Ordre : Brassicales
Famille : Brassicacées

Le Pastel des teinturiers ou guède est une plante herbacée bisannuelle qui pousse à l'état sauvage au sud-est de l’Europe et en Orient. Nommée waide en Picardie, vouède en Normandie et wedde dans le Nord, elle est connue aussi sous les noms vernaculaires d'Herbe de saint Philippe, Varède, Herbe du Lauragais.

Utilisée comme plante médicinale et tinctoriale par les Grecs et les Romains de l'Antiquité, elle fut largement cultivée au cours du Moyen Âge et de la Renaissance pour la production d'une teinture bleue, extraite des feuilles, avant qu'elle ne soit détrônée par l'indigotier, puis par les colorants de synthèse.

Étymologie

Le nom vulgaire « pastel » vient du latin pasta, « pâte », par l'occitan pastèl, car autrefois les feuilles d'Isatis tinctoria étaient broyées dans les moulins à pastel et formaient une pâte ensuite fermentée et séchée. De la pâte tinctoriale, le terme en est venu à désigner aussi la plante avec laquelle on la fabrique.

Le terme « pastel » en français comporte trois acceptions : la plante Isatis tinctoria, la matière colorante bleue fournie par cette plante et la nuance de bleu clair fournie par cette teinture.

Le nom de genre Isatis dérive du grec isatis ἴσατις, employé par Pline l'Ancien, terme dérivé de isazein « aplanir », car selon Dioscoride, la plante aurait été employée pour cicatriser les plaies.

Le pastel des teinturiers est une plante bisannuelle ou pérenne à courte vie, en général monocarpique (elle meurt après avoir produit des graines). La première année, la plante forme une rosette de feuilles basales pétiolées. Ses feuilles sont d'un vert un peu glauque, oblongues lancéolées, de 15−20 cm de long, avec un pétiole de 0,5−5,5 cm. Ce sont elles qui sont récoltées pour l'extraction du pigment bleu. La plante ne fleurit pas de toute la saison. Si la seconde année, les conditions environnementales ne sont pas favorables à la formation de graines, elle peut encore rester à l'état de rosette un an de plus. Généralement la deuxième année, elle émet à partir d'un petit tronc de 4−5 cm au-dessus du sol, de une à cinq tiges dressées, robustes, qui peuvent atteindre 1,50 m de hauteur, sur laquelle s'étagent des feuilles sessiles de plus en plus petites.

Les fleurs, petites, jaunes, sont groupées en grappes regroupées en panicules dressées. Chaque fleur est relativement petite (3−4 mm) et s'agite perpétuellement à la moindre brise parce qu'elle est portée par un pédicelle très fin. La floraison se fait en avril-juin.

La plante est mellifère.

La production de pastel

En Lauragais, jusqu'au XVIIe siècle, l'ensemble du processus d'extraction du pigment coloré se déroule sur environ deux ans :

  • la première année, les cultivateurs récoltent les feuilles et produisent des boulettes (grosses comme le poing) de pastel déshydratées (appelées cocagnes) qu'ils vendent à des collecteurs locaux, intermédiaires entre eux et les marchands de pastel de Toulouse ;
  • la seconde année, ces collecteurs et ces marchands de pastel produisent la poudre tinctoriale (ou agranat). La teinture bleu pastel s'obtient par oxydation du jus verdâtre tiré des granulés d'agranat.