CHRONIQUE BOTANIQUE N°45 : PROMENEZ-VOUS DE PARC EN PARC

Patrick Noireaux, notre webmaster, qui a eu la gentillesse de mettre depuis des années les chroniques botaniques sur le site de l’association, est décédé brusquement la semaine dernière. C’était un grand randonneur. Il estimait que les visites des parcs et autres espaces verts devraient être l’occasion de promenades plus toniques. Ses paroles prennent alors toute leur importance : je vous propose aujourd’hui des balades comme il les aurait imaginées.

Vous trouverez ici trois balades qui relient deux parcs ou espèces verts pas trop éloignés l’un de l’autre. Le problème est la circulation en ville. Qui aura envie de se promener le long de rues très bruyantes et malodorantes ? Je suis donc partie à la recherche de chemins à peu près tranquilles pour aller d’un lieu à un autre. Mais il y a des situations où la même rue sera proposée à l’aller comme au retour par manque d’option.

Si nous sommes à nouveau confinés, mes propositions ne peuvent servir qu’à ceux qui habitent tout près. Sinon je pars du principe qu’on doit arriver et repartir par le tram. Le stationnement des voitures est presque partout impossible.  

Monod, un nouveau parc à la française...
Monod, un nouveau parc à la française

La végétation est au repos en ce début du mois de février, il n’y a que peu de plantes en fleur. Mais c’est une autre beauté qui se dégage des lieux. Les arbres et arbustes nus attirent notre regard sur leurs fruits restants, leurs écorces, leurs formes et l’enchevêtrement de leurs branches. Très souvent nous nous posons la question : est-ce un chêne, un tilleul, marronnier ? C’est aussi en ce moment que l’architecture des parcs mêmes se révèle plus nettement, ainsi que celle des maisons le long ou en face des chemins empruntés. Presque tous les lieux ont été déjà décrits dans les chroniques botaniques depuis plusieurs années. Je ne vous redirai pas les mêmes choses. Cherchez vous-mêmes dans les anciennes chroniques. Si  vous manquez de temps, regardez seulement les photos.

Je vous indique le chemin sur un plan sans y dessiner quoi que se soit de plus, car il y a déjà beaucoup d’indications. Les stations de trams nous serviront de départ et de fin de la promenade.

1ere Promenade : De l’Île aux Planches à Notre Dame du Pré (Circuit Bords de Sarthe).
* Cette promenade impressionnera beaucoup vos invités venus d’ailleurs.

 Les chroniques botaniques concernées :

  • CB 9 Chimonanthus au jardin des tanneurs ;
  • CB 15 Hellébore fétide sur l’Île aux Planches ;
  • CB 18 Le jardin de N.D. du Pré ;
  • CB 25 Les marronniers roses au port du Mans.

CB 45 - Plan N°1
Plan N°1

  • Notre départ est la station Lafayette de la ligne 1 du tram.
  • Empruntez le quai Amiral Lalande en direction du port. De l’autre côté de la Sarthe se dressent de grands immeubles nouvellement restaurés.
  • Arrivés au port, passez sous le pont du Greffier.
  • Marchez sur le chemin de halage (rue Franklin/rue du canal). L’île est formée par ce canal et la Sarthe.
  • Arrivés sur le pont d’Eichthal, découvrez une nouvelle œuvre de Street art sur la façade de l’ancienne fabrique de tabac.

StreetArt fait revivre
Street art fait revivre les ouvrières du tabac

  • Retournez sur le pont et entrez sur l’île, traversez-la par le chemin principal. Les enfants qui vous accompagnent peuvent jouer sur » île aux enfants », il suffit de monter quelques marches.
  • Découvrez de magnifiques hellébores fétides au milieu de grandes herbes sèches qui  seront bientôt coupées. 
  • Après avoir jeté un coup d’œil sur le grand gazon avec gradins qui sert de théâtre en été, sortez sur le pont du Greffier, changez de trottoir, tournez le dos au monument Wilbur Wright, contournez le bâtiment administratif du Conseil Général qui fait l’angle, et descendez au bord de la Sarthe.
  • Marchez devant les immeubles restaurés, ce qui permet d’avoir un autre point de vue sur le port avec ses bateaux.
  • Après le pont Perrin descendez dans le jardin des Tanneurs. Avant l’entrée, derrière la barrière, remarquez un magnifique chimonanthus aux fleurs jaunes et odorantes.
  • Traversez ce parc silencieux aux magnifiques plantes, puis remontez dans le bruit pour traverser rapidement le pont Issoir, tournez à gauche de l’autre côté de la rivière et gagnez le jardin de Notre Dame du Pré par la rue Ducré.
  • Le jardin étant très protégé, a conservé quelques roses mutabilis pendant l’hiver. En ce moment, les hellébores de Corse dominent.

Hellébores de Corse au jardin de Notre Dame du Pré
Hellébores de Corse au jardin de Notre Dame du Pré

  • Faites le tour de l’église pour découvrir les perce-neige.
  • Regagnez le quai Lalande en direction de la station Lafayette. Admirez la belle vue sur la Cité Plantagenêt.

 2° promenade : Du Parc Monod au Parc Martin Luther King (Circuit nouveau parc à la française, patrimoine végétal)

Chroniques botaniques concernées :

  • CB 19 le parc Monod ;
  • CB 32 Le Paulownia ;
  • CB 37 Le vieux cèdre au parc Martin Luther King.

Plan N°2
Plan N°2

  • Le départ de la promenade est la station Théodore Monod de la ligne 1 du tram.
  • Entrez par le portail bordé de deux pavillons dont celui de droite vous offre souvent des expositions. Ces pavillons, le grand bâtiment qui ferme le parc à gauche, les grilles et portails, et toute la surface du jardin sont des vestiges d’un ancien complexe militaire.

Cynorrhodons à la tonnelle, vue sur les plaques métalliques
Cynorrhodons à la tonnelle, vue sur les plaques métalliques

  • Découvrez les éléments « nouveau parc à la française »: 4 bassins d’eau tranquille, une esplanade avec 63 jets d’eau, une cascade miroir (pas en action en hiver hélas, mais même très belles par leur seule structure), le tout dans une perspective montante. Beaucoup de plates-bandes très rectilignes et délimitées par des barres de métal importantes, des tuteurs en métal pour arbres et rosiers. On a laissé ces tuteurs, posés d’une manière très géométrique, près des arbres qui n’en ont plus besoin.
  • Une 2° partie du parc est vallonnée avec des gazons et des niches créées par des arbres et arbustes qu’on pouvait aussi trouver dans d’anciens jardins à la française.
  • Montez à l’étage de la tonnelle, elle aussi est très géométrique et encore décorée de cynorrhodons noirs ou rouges.
  • Observez la rangée de Paulownia : la structure des fleurs est déjà visible.
  • La forme rigide du parc, très visible en hiver, est envahie en été par une collection extraordinaire de 90 espèces de vivaces, de rosiers et de hydrangeas qui adoucissent ce cadre un peu sévère.
  • Sortez par le portail au milieu des Paulownias, traversez la rue Rubillard et prenez la rue de la Maison Neuve, bordée du côté gauche en grande partie par des bâtiments du centre hospitalier, du côté droit par des maisons individuelles.
  • Une maison un peu originale se trouve au n°23, une sorte de chalet avec un jardin à la mode d’avant-guerre : des tuiles décorées entourent les plates-bandes et une tonnelle en grillage sera fleurie en été.
  • La rue de la Maison Neuve débouche sur la rue de Degré au niveau de l’hôpital des enfants et de la maternité avec sa façade aux panneaux colorés.
  • Après avoir traversé la rue de Degré, vous tombez sur un petit espace vert bien décoré avec de nandinas japonais. Tous les trottoirs près de l’hôpital et de la rue de Degré sont bien végétalisés.
  • Deux rues vous amènent  d’ici directement au parc Martin Luther King : l’impasse de Degré et la rue de Nantes. Choisissez l’une pour l’aller, l’autre pour le retour.
  • Vous entrez dans le parc au niveau du grand cèdre. Il n’a pas loin de 250 ans et fut planté dans un jardin particulier qui est resté à peu près de sa taille d’origine. Mais depuis les années 1970 il est encerclé de deux côtés par des immeubles de 6 étages.

Le Vieux Thuya au parc Martin Luther King
Le Vieux Thuya au parc Martin Luther King

  • Il y a d’autres végétaux vénérables dans cette enceinte trop étroite pour eux : un thuya dont plusieurs branches se courbent le long de la terre avant de se redresser, et des rangées de très hauts tilleuls.
  • il est certain que les habitants des immeubles sont très contents et fiers de ce patrimoine d’arbres et n’ont que la crainte qu’on puisse les coupe
  • Retournez par le même chemin à la station du tram Théodore Monod.

3° promenade : Le Boulevard Nature et la Ruelle Ste Barbe pour  partir de et revenir au Parc Banjan. (Circuit de lieux historiques)

Chroniques botaniques concernées :

  • CB 35 Petite mosaïque du grand parc Banjan ;
  • CB 36  Le Ginkgo Biloba au parc Banjan ;
  • Nouvelles des jardins secrets : le café-restaurant de la Barrière d’Enfer.

Plan N°3
Plan N°3

  • Départ à la station Les Maillets de la ligne 2 du tram.
  • Gagnez le trottoir où se trouve la poste, dépassez la poste et les trois derniers magasins avant un escalier près d’un conifère. Descendez l’escalier, vous traversez l’impasse et vous vous trouvez devant une des entrées du parc Banjan, une sorte de couloir d’environ 30 m entre des jardins privés.
  • Puis le parc s’ouvre de plus en plus en largeur et il descend de plus en plus.
  • Vous descendez jusqu’au milieu du parc où vous trouverez un parterre écologique avec un hôtel d’insectes et un rosier nu enroulé joliment autour de trois piquets. C’est exactement à cet endroit que vous rejoignez le Boulevard Nature.
  • Continuez à descendre le même chemin central du parc jusqu’à en sortir. Traversez la rue Banjan, car exactement en face, le Bouvard Nature continue sur un chemin de terre. Prenez-le. Les Espaces Verts ont fait un très beau travail.
  • Poursuivez jusqu’à la rue d’Andaine sur votre gauche. Tournez à nouveau à gauche dans la rue St Pavace en direction du Mans.

Jardin de la Barrière d’Enfer au 19°siècle
Jardin de la Barrière d’Enfer au 19°siècle

  • Marchez jusqu’au bout de cette rue. Vous verrez beaucoup de belles maisons, c’est une bonne adresse : les jardins donnent directement sur la Sarthe. Peut-être connaissez-vous déjà la maison au n°3 bis ? Le jardin ouvre ses portes lors de la fête EC&J et par-dessus tout avec un programme de musique. C’est un endroit historique : Pendant un siècle, de 1860 environ jusque dans les années 1950, le café-restaurant « de la Barrière d’Enfer » était un lieu qui attirait les Manceaux le dimanche pour se restaurer ou pour louer un canot. Dans les années 1930, un club de natation s’installa juste à côté : L’Ondine-Club devait apprendre la natation aux jeunes filles. Elles aussi profitaient du café-restaurant en prenant un rafraîchissement sous les arbres au bord de la Sarthe.
  • Rebroussez chemin (50 m) jusqu’à un escalier sur votre droite. Sur le plan vous lisez ruelle Ste Barbe qui part d’ici jusque dans la rue de l’Abbaye St Vincent. C’est un tout petit peu plus compliqué : vous allez grimper jusqu’à l’Abbaye en trois étapes. Les ruelles-escaliers ne se suivent pas en ligne droite, mais à chaque rue traversée un peu décalées vers la droite. Commencez dans la rue St Pavace, traversez la rue Poitevin, puis après le n°30, vous trouvez la ruelle qui monte à la rue Delagenière. Changez de trottoir, entre les maisons n°72 et 68 on vous indiquera l’accès à la ruelle St Barbe.

La ruelle Ste Barbe arrive dans la rue de l’Abbaye St Vincent
La ruelle Ste Barbe arrive dans la rue de l’Abbaye St Vincent

  • Par ce dernier escalier très raide vous arrivez en effet derrière la muraille (habitée) de l’Abbaye, en face d’une très belle porte. Prenez sur votre gauche, il faut contourner la muraille dans la rue de l’enclos à droite. Au bout de cette rue vous êtes face aux nouvelles constructions du Lycée Bellevue dans la rue de Bellevue.
  • Vous avez alors deux solutions : vous tournez à droite et marchez jusqu’à la Croix de Pierre qui est aussi une station de tram et votre promenade est finie…ou
  • Vous tournez à gauche et vous vous trouvez devant un nombre incroyable de grands immeubles en tous genres. Vous allez tout droit et miracle, miracle, dans un tel endroit de pierres, vous retrouverez au fond le Boulevard Nature. Il fallait vraiment ça pour une densité d’habitations pareilles : un peu de nature !! Avec le Boulevard Nature vous retrouvez le parc Banjan. Sur son chemin central montez jusqu’en haut, retrouvez « le couloir » et le premier (et le dernier) escalier de la promenade qui vous amène à la rue des Maillets et à la station du tram du même nom.

J’espère que les balades vous plairont. En vous promenant, ayez une petite pensée pour Patrick qui aurait été certainement très content que son idée se réalise ainsi.

SOLUTION DE LA DEVINETTE 44 VENANT DE PRIVAS

Il s’agissait de la morelle noire de la famille des Solanacées (dans laquelle se trouvent aussi la tomate ou la pomme de terre).

DEVINETTE 45

Retournez à la photo 4 des hellébores de Corse. Parmi elles vous découvrez des feuilles qui n’appartiennent pas aux hellébores. Quelles plantes fleuriront ici après les hellébores ?