CHRONIQUE BOTANIQUE N°44 : LE HOUX, UNE PLANTE POUR FÊTER NOËL


CHRONIQUE BOTANIQUE N°44 : LE HOUX, UNE PLANTE POUR FÊTER NOËL
Noël approche et même si nous ne savons pas très bien comment la fête se déroulera cette année, nous avons tout intérêt à ne pas oublier nos traditions, la préparation des petits fours et d’autres gâteaux de Noël, l’envoi des paquets de surprises à nos proches et la décoration de nos maisons avec beaucoup de soin et dans la joie. Et si l’on changeait un peu, si la plante dominante n’était pas comme d’habitude le sapin, mais le houx ? Lui aussi a des feuilles persistantes d’un vert foncé et luisant qui nous donne de l’espérance dans cette saison où il y a peu de plantes dans nos jardins pour faire des bouquets. Et par-dessus tout, le houx est déjà décoré de ses propres fruits rouges. Nos ancêtres, les Celtes, les Germains, les Grecs et les Romains déjà admiraient ses branches magnifiques lors des cérémonies pendant les mois sombres. À notre époque, ce sont surtout les Anglais qui en font leur végétal préféré pour Noël. Ils en suspendent de grandes guirlandes partout, ils le dessinent sur leurs cartes de vœux. Si vous voulez en savoir plus sur la passion des Anglais pour le houx, il suffit de lire un texte sur le site du National Trust : “ Five things you never knew about holly ”.

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                      Le houx sur la place de la Cathédrale 
Avez-vous déjà remarqué ce très bel arbre, ce houx d’une hauteur de 8 m, couvert d’une myriade de baies rouges qui se trouve en haut du Tunnel, sur la place de la Cathédrale, là où vous faites régulièrement votre marché ? Il est un des rares rescapés des travaux pour le tram et le théâtre. Durant le temps des travaux, il a survécu (comme d’ailleurs son voisin le magnifique catalpa) dans une caisse remplie de terre. Après cette épreuve, il a repris son élan et est aujourd’hui d’une vigueur extraordinaire. Et pour le mettre encore plus en valeur, il a été entouré en 2018, par l’artiste Johann Le Guillerm, d’une sculpture dansante en lattes en bois.  

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                    Ma photo de Noël


Sur le fond de ma photo qui montre une seule grappe de baies, vous devinez notre Cathédrale. Une vraie photo de Noël ! J’avoue que j’avais décidé de ne pas parler botanique aujourd’hui, mais je n’arrive pas à taire totalement mes découvertes : les grappes de baies sont précédées de fleurs au printemps. Seulement, je n’ai pas fait la photo suivante en juin, elle n’a été prise que jeudi dernier, le 10 décembre, lors d’une balade dans la brume. Voilà encore un arbuste déboussolé par le changement climatique ! Il fleurit au mois de décembre et n’attend pas le printemps ! 

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                      Ce houx fleurit en décembre


J’ai acheté un bouquet de houx avec baies rouges au marché pour faire une décoration de Noël pour cette chronique. J’ai trop souvent déjà présenté des couronnes dans mes chroniques, mais tresser ces grosses feuilles piquantes me paraissait un défi ! Voici ce qu’il faut pour réussir : un rond en tiges de lianes sans feuilles. Si vous avez une glycine qui n’est pas encore taillée, c’est l’affaire de quelques minutes. Puis il faut du fil de fer, un sécateur, des gants de jardin ; enfin un gant pour la main qui tient les branchages piquants suffit, la main qui tresse doit rester libre. 

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                          Préparer le travail


Tressez le premier pourtour avec des branches sans baies, puis un deuxième en les mettant bien en valeur. Attention, les baies sont mûres et tombent facilement. Il faut éviter d’en perdre, ne les touchez pas avec le fil de fer. Une fois la couronne terminée, vous décidez si vous voulez l’accrocher à votre porte ou la mettre sur la table de fête.

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                      La couronne sur la porte


Pour terminer ma chronique j’aimerais vous raconter une légende de Noël où le houx joue un rôle important. L’enfant Jésus était déjà né à Bethléem. Très loin, très loin à l’est, les Rois Mages virent l’étoile qui leur annonçait la nouvelle de la naissance d’un grand roi. Ils se mirent en chemin tout en suivant l’étoile. Arrivés en Judée et avant de trouver l’humble étable, ils se dirigèrent vers le palais du roi Hérode dont ils pensaient que le nouveau-né devait être le fils. Celui-ci, ne sachant rien de la naissance de Jésus, prit peur pour sa couronne en écoutant le récit des Mages. Il ordonna alors de tuer tous les enfants mâles de moins de deux ans pour être sûr de ne pas perdre son trône.

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                 Frère Éric de Taizé, Fuite en Égypte. © Atelier et Presse de Taizé.


 Marie et Joseph apprirent la nouvelle du massacre des Innocents par un ange et fuirent en Égypte. Mais par malheur, les soldats sanguinaires continuèrent de les suivre. Que faire, il n’y avait que peu de végétation dans le désert qu’ils traversaient ? Dans leur détresse, ils se cachèrent sous un petit arbuste, un houx. Et le houx comprit vite quelle responsabilité lui incombait. Il baissa ses branches jusqu’au sol et sauva ainsi la vie de Jésus. Les soldats rebroussèrent chemin, étant sûrs de s’être trompés. Marie fut touchée par la bonté du houx et décida de lui faire un cadeau : elle lui offrit un feuillage persistant, il ne perdrait plus jamais ses feuilles en automne. Et c’est ainsi que nous pouvons nous réjouir aujourd’hui quand il embellit notre maison pour les fêtes !
                                                   

                                                                                                    Joyeux Noël à vous tous !       
        
DEVINETTES ET MAILS DE LECTEURS

SOLUTION DU JEU POUR ENFANTS
J’ai hésité à donner la solution du jeu pour les enfants. J’ai eu beaucoup de compliments et d’envois de solutions, mais peu de dessins. J’attends encore pour les publier. Disons jusqu’au 10 janvier. À vos crayons, les enfants !
Il fallait trouver :                                                                                                        
1. Cèdres 2. Néflier 3. Tilleuls 4.Chêne 5. Châtaignier 6. Hêtre 7. Platane 8. Aulnes 9. Noisetier 10. Paulownia 11.Houx. 
En prenant les lettres que j’ai indiquées cela donnait :
1. Ces 2. fr 3. uits 4. en 5. chan 6. te 7. nt 8. les 9. oise 10. au 11. x : Ces fruits enchantent les oiseaux.

LA DEVINETTE 44  nous vient d’Eveline à Privas :

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Trouvez d’abord la famille de la plante. Il y a des similitudes avec des plantes que vous connaissez bien.


MAILS DE LECTEURS  concernant la chronique botanique 43 sur le châtaignier
1) Chantal, le 17/10 : “  comme Maren avec ses châtaigniers, j’ai vu disparaître en un week-end deux splendides cèdres du Liban, d’environ 200 ans selon les élagueurs que j’ai interrogés. J’en avais des larmes aux yeux. Ils embellissaient la rue Victor Hugo au Mans et chaque jour je m’émerveillais en les regardant……. “                              

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Les fuseaux de dentelle dans leur corbeille 

2) Marie-France, le 11/11. Marie-France est dentellière, elle a appris cet art en Hollande. Elle a même fait un mémoire en forme de conte “ Nickel, le fuseau solitaire ” pour expliquer son art aux jeunes qui veulent apprendre à faire de la dentelle. Le dessin plus haut montre une corbeille de fuseaux que son professeur lui a transmise. Le rapport avec ma chronique se trouve dans le fait que ces fuseaux sont taillés dans différents bois, le plus souvent exotiques, comme le palissandre, le guatambu, le buginga, le padouk, le chacate ou l’ébène. Mais il y a aussi des bois que nous connaissons, comme le buis, le poirier ou le noyer. Le châtaignier précisément ne s’y prête pas, car son bois a des fibres trop longues. 

3) Guy, le 8/11 m’a envoyé 2 photos clins d’œil

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La première photo concerne la dure vie d’un châtaignier élagué, qui a fini par mourir, mais qui garde un nichoir à hibou.

 

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           L’autre photo sur le néflier, pour lequel c’est l’heure de faire des confitures. On peut voir ces deux arbres sur le Chemin des vignes à Rouillon, à côté des jardins de Vaujoubert.

4) Marianne, le 10/11, écrit : ”J’ai lu avec plaisir ton article sur le châtaignier. Eh bien, à Lhers dans les Pyrénées à 1000 m d’altitude, nous avons été surpris de constater que deux ou trois châtaigniers avaient pris racine sur notre terrain, alors que nous n’en avons repéré aucun alentour. Il a fallu qu’un (gros) oiseau rapporte quelques châtaignes de la plaine en bas. ”     

5) Régis Pluchet, le 16/11 : Nous avons reçu Régis pour une conférence sur son ancêtre botaniste André Michaux à la fête EC&J 2014. Il a également écrit un livre sur André Michaux : “ L’extraordinaire voyage d’un botaniste en Perse ”. Aujourd’hui, il nous envoie un lien pour un livre de sa fille sur des balades dans les forêts. 
Le lien est le suivant :

BLANDINE PLUCHET - Blandine Pluchet

 

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Pour m’écrire un mail: maren.graber@sfr.fr