CB N° 35 : PETITE MOSAIQUE DU GRAND PARC BANJAN


                            CHRONIQUE BOTANIQUE N° 35 :  PETITE MOSAIQUE DU GRAND PARC BANJAN
Depuis longtemps je me promène au parc de Banjan, sans pour autant trouver la bonne façon d’en parler. Il ne possède pas de parterres exubérants comme la roseraie ou le parc Monod, ni de jeux d’eau, ni de plantes exotiques. Mais un jour, j’ai constaté que j’étais très contente d’être là sur un banc à admirer les grands arbres de ce parc. Il faut aimer les arbres, les observer pour saisir la véritable ambiance de ce parc. En fait, c’est un arboretum, un arboretum qui n’a pas été planté comme tel : il manque quelques espèces importantes pour qu’il puisse revendiquer ce nom. Mais les arbres ont été plantés comme on pourrait le souhaiter pour un arboretum, à savoir avec beaucoup de place pour bien se développer. Ce n’est pas souvent le cas !   
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                                                                                  Les arbres au printemps autour du bassin
Les créateurs de ce parc disposaient d’une très grande surface. Le plan du Mans montre qu’elle est aussi grande, sinon même plus grande que la roseraie et le jardin des plantes réunis. Il s’agit d’un terrain très en pente qui s’étend depuis les Maillets en haut jusqu’ à la route de Banjan en bas, non loin de Coulaines. Jusqu’en 1976 c’était tout simplement un verger avec des arbres fruitiers et des vignes qui ne produisaient plus beaucoup de raisins malgré un ensoleillement remarquable. On dessina alors ce parc à la place : des zones de jeu et de détente, de vastes prés vallonnés, des chemins, ainsi qu’un bassin et un ruisseau bordé de fleurs, pouvant drainer l’eau en cas de graves précipitations qui se déverseraient sur la pente. Un joli petit pont en bois traverse ce ruisseau presque toujours à sec. Des arbres et arbustes entourent les aires et chemins en leur donnant de l’ombre. Au bout de 43 ans, l’ensemble est devenu un paysage sarthois naturel.
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                                                                                    Des arbres de Judée derrière une cabane  
 Nous trouvons quelques charmantes cabanes ouvertes sur un côté qui peuvent servir d’abri  par temps de pluie. On a également pensé à faire des rampes pour vélos à côté des escaliers pentus depuis la rue des Terrasses. Le parc est un lieu de repos, il donne de la fraîcheur en ces temps de canicule, les enfants aiment l’aire de jeu pour son immense toboggan et les tours de grimpette. Les clairières invitent aux jeux de ballon, les rudes pentes sont gravies vigoureusement par les joggers. Beaucoup de personnes traversent le parc à vélo. Il raccourcit les distances entre les quartiers. Le Boulevard Nature aussi y passe et continue vers Coulaines.
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                                                                                              Feuilles et fruits du Liquidambar 
Revenons aux grands arbres. Le parc accueille plusieurs espèces de chênes et d’érables, des peupliers, bouleaux, charmes, tilleuls, hêtres, merisiers, platanes, marronniers, frênes, robiniers, aubépines, cytises, toute une série de conifères, puis deux très grands ginkgos, un tulipier de Virginie et des arbres de Judée. Nous y trouvons également beaucoup d’arbustes  plantés aux l’entrées du parc, autour du bassin et entre les arbres. Ils fleurissent en majorité au printemps.
 Il est impossible de parler de chaque espèce, de photographier tout pour une seule chronique. J’ai donc décidé de vous offrir une petite mosaïque de mes découvertes. 
Le liquidambar, déjà annoncé par sa photo, possède des feuilles bien découpées, des fruits suspendus, ronds et piquants ; il fait penser au platane, mais tous les éléments y sont plus fins et plus petits. Il prend en automne une couleur rouge flamboyant, ce qui est une caractéristique des hamamélidacées. Ses petits fruits, une fois secs, s’utilisent pour les bricolages de Noël.
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                                                                          Feuilles et tronc d’un grand hêtre pourpre au printemps.
Les grands hêtres  du parc sont mes préférés. Leur feuillage, plus tard pourpre, est encore caramel et rose au printemps. Remarquez les stipules à la naissance de certaines feuilles. Parfois elles restent attachées jusqu’en automne. Le feuillage cache le tronc qui est remarquablement lisse, un phénomène relativement rare chez les grands arbres. Le plus grand nombre possède un tronc crevassé de très différentes manières.
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                                                                                              Feuilles et fruits du cornouiller mâle
D’après plusieurs dictionnaires, le cornouiller mâle serait absent de tout l’ouest de la France. Mais depuis des années, je m’étonne à la vue de ces grands arbustes dans nos parcs qui ont des fleurs d’un jaune lumineux alors que nous sommes encore à la mi-mars. Ce cornouiller a donc été introduit dans l’ouest et se porte très bien. C’est aussi le cas au parc Banjan où il a été planté derrière le bassin, presque en bas du parc. A la mi-août, j’ai pu cueillir les petites cerises que vous voyez sur la photo. Ces fruits sont plus ovales que les cerises de nos jardins. Les Allemand appellent d’ailleurs cet arbre « Kornelkirsche ». Ces « cerises » sont comestibles et rappellent le goût de la groseille. Certains en feraient de la confiture, mais à la date où nous sommes, tout a certainement été dégusté par les oiseaux.
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                                                                                                   Le tronc du peuplier blanc
Cette photo fait une bonne démonstration de ma description du parc comme arboretum. Les deux magnifiques conifères au bord du Boulevard Nature ne se touchent pas et ont toute  liberté de se développer. Quelques branches du peuplier blanc vont dans leur direction, mais ne les gênent pas. Chemin et gazon sont dans une pénombre.
 Ce tronc de peuplier blanc possède un dessin très expressif. Il me fait penser à des tissus ethniques. Si vous avez vu récemment l’exposition photo sur les écorces d’arbre dans l’abbatiale de l’Epau, vous comprenez ma sensibilité pour ce beau dessin de la nature. Si l’arbre a été planté à la création du parc, il doit avoir 43 ans, n’est donc ni jeune ni vieux, plutôt entre les deux. Les troncs des peupliers jeunes sont lisses et portent des dessins blancs. Ici, notre arbre a encore conservé du blanc mais il commence à se craqueler. Les brisures sont remplies de lichen. On voit très nettement aussi que la face tourné vers le nord est plus envahi par le lichen. Les intempéries doivent arriver surtout de c
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                                                                                                                 Fragment de mur
Ce fragment de mur m’a fait un choc comme il a surgit d’une manière inattendue au milieu du grand pré ! Certaines villes, surtout en Allemagne, conservent un fragment de mur de Berlin sur une place importante,  d’abord comme butin de la chute du mur, plus tard pour se souvenir de ces 28 ans d’histoire douloureuse. Mais que fait-il ici au milieu d’une idylle sarthoise ? J’ai essayé de me souvenir : Le Mans a fêté début juillet 2019 l’événement « plein champ » où la population était appelée à assister à la création d’œuvres spontanées. Bien sûr, un mur est un mur, mais l’objet peut prêter à confusion ! L’autre face porte le slogan :  « blinded by the wall ». J’ai vu les gens tourner autour….sans réaction apparente.
Après cette présentation globale du parc Banjan et une mosaïque de détails subjectifs, je promets d’y revenir pour vous parler plus en profondeur des arbres.
 
SOLUTION DE LA DEVINETTE 34
Il s’agissait de l’erigeron karvinskianus, une sorte de pâquerette à longue tige qui se ressème entre les pierres.
 
DEVINETTE 35
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Quel est ce fruit ?
L’arbre sur lequel il pousse est peut-être un rescapé de l’ancien verger comme d’ailleurs quelques pommiers ravagés par le gui.